Grajé Peyi Savann’

En Guyane, chaque région a sa musique. Au nord de Kourou, sur la bande côtière du plateau des savanes, s’est développé un rythme lent : le Grajé, à la fois danse de couple – très codifiée -, musique, fête et pratique sociale. Les esclaves venus d’Afrique avaient observé les danses des maîtres, notamment la valse, et la conjuguaient avec les tambours africains.
C’était aussi un moment où s’inventait des chansons destinées à désamorcer ou réguler les conflits au sein de la communauté villageoise. On « faisait un grajé » et cela faisait partie de la vie.

Aujourd’hui, les petites communautés agricoles n’existent plus mais les guyanais ont reçu le Grajé en héritage. Les chansons, jusque là uniquement transmises en tradition orale, ont été transcrites. La danse s’est adaptée, le Grajé se pratique désormais seul, au sein d’un groupe. Le rituel de la danse s’est dilué, mais l’empreinte reste, dans une danse hypnotique où les participants murmurent les textes des chansons.

Ce film de 26 minutes a été tourné en décembre 2013 durant le premier festival Grajé, organisé par la ville de Sinnamary. A cette occasion, un certain nombre d’anciens, « les grandes personnes », danseurs, tambouyens et chanteuses, témoignent de ce que fut le Grajé, tandis que l’ethnomusicologue Marie-Françoise Pindart et la maître de conférence en langue et culture régionale Monique Blerald nous parlent de sa vitalité.

Un petit « Buena vista social club  » a poussé en lisière de la grande forêt amazonienne… Nous avons aussi édité un recueil de chansons Grajé.